Dans la maison de briques rouges du 135 rue Esseghem, à Jette, dans la banlieue nord de Bruxelles, où Magritte a habité de 1930 à 1954, l' "Olympia", nu pour lequel Georgette, l'épouse du peintre, avait posé, a été dérobé en plein jour !
Volé en plein jour, à 10H00, à visage découvert et à pieds, jusqu'à ce que le tableau de 60 x 80 et les deux malfaiteurs ne montent à bord d'une voiture pour prendre la fuite. "Dans" la toile peinte par Magritte en 1948, un butin de 750 000 à 3 millions d'euros, selon les estimations de la valeur du tableau. Même considérés comme invendables, les voleurs parient sur la revente des chefs-d'oeuvres sur le marché parallèle ou les demandes de rançons auprès des compagnies d'assurances ou de l'Etat.
Scénario de rapt, peu après son ouverture, selon le conservateur du Musée Renée Magritte : pistolets et employés forcés à se coucher dans la cour de la maison du peintre surréaliste belge. Scénario de film d'action qui se poursuit avec l'escalade de la paroi de verre d'un mètre et demi, séparant le public de la peinture, afin de capturer la belle, dans un esprit de Tour de Babel, les deux ravisseurs d' "Olympia" allongée sur fond de paysage de bord de mer se partageant les langues : Molière pour l'un, Shakespeare pour l'autre. Heureusement, une fin heureuse, même si la police cherche toujours "Olympia", inspirée par celle d'Edouard Manet de 1863, se référant à la "Vénus d'Urbino" du Titien et à la "Maja Desnuda" de Francisco Goya, qui avait fait scandale : aucun blessé parmi les deux visiteurs matinaux et les employés.
Vous cherchez la touche surréaliste du tableau ? Le coquillage sur le ventre, pouvant symboliser l'inconscient ou un monde souterrain.
Source AFP