La fin d'année arrive avec ses bilans et ses envies de faire table rase, de tout recommencer à zéro. Pour la maison, il s'agit davantage de déplacer les meubles et de repeindre les murs que de les abattre comme des sapins de Noël. Et même si vous trouvez une massue au pied de votre "roi des forêts", SeLoger pèse les pour et les contre du décloisonnement pour vous éviter de plonger tête en avant, droit dans le mur.
Pour redistribuer l’espace, votez l'abattement des cloisons. Pour combattre les sombres et superflus couloirs, votez l'abattement des cloisons. Pour restructurer une maison ancienne ? Abattement des cloisons ! Abattement des cloisons !
Pour la rupture ? L'ouverture ! Pour un mode de vie différent qui s'adapte à vous ? L'abattement des cloisons, qui permet de s'approprier un espace, de l'adapter à son mode de vie.
Pour un intérieur pas comme tout le monde ? Abattez les cloisons.
Décloisonner promet de la lumière et de l'espace. Supprimer une cloison permet en effet de gagner des m² ou de s'approprier l'espace en cas, par exemple, de réduits inexploités, et aussi de renforcer la luminosité. Mais le décloisonnement a son revers : il agrandit l'espace au dépend de l'intimité. Deuxième mauvaise surprise de l'ouverture : la facture, une facture d'énergie souvent en hausse une fois les volumes largements ouverts.
Les proportions de loft des maisons de rêves des magazines de décoration se retrouvent aussi dans les pages de l'Histoire. Tout a commencé du côté du salon abattant sa cloison pour se joindre à la salle à manger. Nous sommes alors dans les années 60 et le mariage donne naissance au séjour. Parce qu'au cours de ces mêmes années la femme a peu à peu sorti la tête de ses fourneaux et retiré son tablier de maîtresse de maison, le salon-salle à manger sur le modèle du living américain englobe souvent la cuisine.
Dans les appartements, la cuisine "à l'américaine" n'a pas forcément la cote, rappelant les années étudiantes et premiers salaires avec kitchenette forcée, celle qui laisse entrevoir la vaisselle empilée et dormir dans les odeurs de cuisine. Mais en maison individuelle, elle a la cote, l'installation de systèmes d'aspiration et de ventilation faisant reculer les nuisances visuelles et olfactives, comme les détracteurs. La disposition de la cuisine américaine, source de convivialité, est aussi une bonne disposition pour certains psys qui voient dans l'abattement de cloison une preuve d'ouverture d'esprit : l'occupant qui donne à voir n'a rien à cacher !
Se sentir cloisonné, c'est se sentir enfermé, pris au piège d'un labyrinthe dont l'issue est introuvable. C'est sans doute pourquoi la question de la possibilité d'abattre les murs est majoritairement à la bouche des acquéreurs. L'absence d'intimité pouvant aussi étouffer, le mieux pour respirer est de conserver la possibilité d'agrandir ou de rétrécir à volonté les pièces selon le besoin du moment, grâce aux cloisons mobiles.
Mêmes les amoureux des perspectives sans frontière rêvent un jour d'un retour au cocon, de leur petite bulle d'intimité, même sous forme de salle de lecture ou d'un tête à tête avec l'ordinateur ramant parfois avant d'arriver à surfer vers le monde.
Pas de cloisons signifiant pas de placards, le cloisonnement à géométrie variable, grâce aux cloisons coulissantes, permet de créer une zone de rangement. Les cloisons mobiles crée aussi un espace qui en se découvrant au fur et à mesure ajoute du mystère et paraît plus grand.
La cloison entre le salon et la salle à manger est tombée, la cloison ébranlée de la cuisine a suivi. Maintenant, à qui le tour ? A la cloison de la salle de bains, quand celle-ci donne sur la chambre. Mais la salle de bains ouverte remporte moins de suffrages que la cuisine ouverte où l'absence de cloisons permet de se singulariser... en affirmant ses choix de placards scandinaves, copies conformes de ceux du voisin ?
Les défenseurs du côté fusionnel du couple sont les partisans de la salle de bain ouverte sur la chambre. Au centre, le compromis : une paroi en briques de verre qui laisse entrevoir. Dans le camp des opposants, on est contre l'exposition du désordre ou de l'intimité de la salle de bains. Et si l'abattement de cloisons permet d'adapter le lieu au mode de vie, il est plus difficilement adaptable à la famille avec enfants, le décloisonnement très acceptable pour un célibataire qui n'a personne de qui se cacher, et sans doute pour un jeune couple à qui la totale transparence stimule la libido, posant un problème de territoire.
Les grands volumes, c'est bien beau, mais ce n'est pas très respectueux de DD. En pleine promotion du développement durable et des économies d'énergie, l'espace sans cloisons se permet, sans plus de gêne, une dépense plus élevé de chauffage. L'augmentation de la facture énergétique est essentiellement due aux problèmes d'isolation quand l'abattement de cloisons résulte de la transformation de hangars ou locaux professionnels en logements résidentiels. Quand l'espace décloisonné se trouve dans une maison, le problème de l'isolation se pose moins, mais il reste une sensation de froid, de galerie avant-gardiste, due au vaste volume. Quand vient le blues hivernal, il n'est donc pas à mettre dans la catégorie "home sweet home".
L'atelier transformé en résidence peut être une maison de rêve jusqu'à ce que l'on y habite. Au départ, il était une fois... : tout va bien. La séparation entre l'espace "public" et l'espace "privé" se fait d'emblée, pour l'un le rez-de-chaussée, pour l'autre la mezzanine. Et puis les notes de chauffage arrivent et les enfants envahissent l'espace parental. Mais tout est bien qui finit bien lorsque l'on monte finalement des cloisons !