
Comme Christine Boutin, le Président de l'Union des Maisons Françaises était au salon national de la maison neuve. Après le discours de la ministre du Logement et de la Ville, annonçant notamment près de 3 000 projets de maisons à 15 euros par jour entérinés au 12 septembre, jour de l'ouverture du salon, Christian Louis-Victor a pris la parole pour présenter le premier baromètre de la fédération, en association avec l'institut de sondages d'opinion et d'études CSA, destiné à "faire connaître les comportements et les attitudes des Français à l'égard de la maison".
Au programme de septembre 2008, 3 thèmes : "la volonté d'accéder à la propriété dans le contexte actuel", "l'incitation des aides financières de l'Etat à l'accession à la propriété" et "le prix à payer pour une « maison verte »". Résultat de l'enquête réalisée les 27 et 28 août 2008, sur un échantillon national représentatif de 1.007 personnes, dont 52% de femmes et 48% d'hommes, avec un focus spécial sur la France active, autrement dit les Français de 18 ans et plus, hors retraités et inactifs : l'accession à la propriété a toujours un fort pouvoir d'attractivité.
Le postulat de départ de l'enquête était "la maison est « l'habitation idéale »" pour 82% des Français, selon une étude de l'Union (auparavant UNCMI, Union Nationale des Constructeurs de Maisons Individuelles) et du Crédoc (centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) intitulée : "Les Français et la Maison Individuelle : La fin des idées reçues".
En 2004, l'idéal pour les Français était la maison. En 2008, le rêve de Nicolas Sarkozy est une France de propriétaires. Les rêves vont-ils devenir réalités ? Un peu de science, un peu de rêves : le baromètre prend le pouls des Français, note leurs réactions rationnelles, comme celles face au financement, et leurs réactions émotionnelles, comme celles face à l'idéal de logement, et pose la question du passage du rêve à la réalité à la population représentative, selon la méthode des quotas (âge, sexe, etc.), de 18 ans et plus interrogée par téléphone. Combien des interviewés comptent acheter ou faire construire une maison comme résidence principale ou secondaire ? Quelle part va passer à l'acte d'achat ? 35%, selon le baromètre de l'Union des Maisons Françaises, hors retraités et inactifs. 1 Français actif sur 3 envisage donc de concrétiser l'achat ou la construction d'une maison.
Pour Aragon, "la femme est l'avenir de l'homme". La réalité sait aussi parfois se faire poète puisque le baromètre nous dit, chiffre à l'appui, que "les jeunes sont l'avenir de la maison" : alors que l'on aurait pu croire la maison un peu éloignée des envies des jeunes potentiels acquéreurs, 68% des 18-24 ans et 51% des 25-34 ans sont attirés par la maison, pas du tout has-been.
L'âge est donc un facteur déterminant pour l'avenir du marché de l'immobilier, contrairement aux catégories socioprofessionnelles puisqu'il n'existerait pas, selon le premier baromètre de l'UMF, de clivage socio-économique. Ainsi, il n'y a pas de différences notables entre les catégories socioprofessionnelles supérieures à 35% (dans le groupe CSP+, les artisans et les commerçants sont davantage dans la concrétisation : 53%) et les catégories socioprofessionnelles inférieures à 34% (dans le groupe CSP-, les employés sont davantage dans la concrétisation : 52%) d'intentions de concrétisation d'achat ou de construction d'une maison.
Autre facteur important : la situation géographique, le baromètre révélant que les désirs de construction et d'achat de maisons se situent majoritairement dans la région Ile-de-France : 45%, alors que la région des Ch'tis n'a des intentions d'achat ou de construction qu'à hauteur de 22%, à cause d'un faible pouvoir d'achat. Et si 51% des occupants d'appartement envisagent d'acheter ou de faire construire une maison, le contexte actuel ne permet pas de passer à l'acte dans un avenir immédiat : majoritairement, la concrétisation du projet d'une maison n'est envisagée que, au mieux, d'ici 2 à 5 ans.
Le thème de l'incitation financière des aides de l'Etat a été abordé par : "Selon ce que vous en savez, diriez-vous que l'Etat propose des aides financières, comme des crédits d'impôts, des prêts, etc., suffisamment intéressantes pour inciter les Français à accéder à la propriété ?", question à laquelle les Français répondent majoritairement non. En effet, 64% des Français représentatifs estiment que les aides proposées par le gouvernement ne sont pas assez intéressantes pour accéder à la propriété. Les opinions défavorables représentent même 75% dans la tranche des 25-34 ans, appelés aussi "Français (...) en phase de démarrage de la construction de leur vie", soit une des tranches envisageant fortement de passer à l'acte d'achat ou de construction. Conclusion, les potentiels acquéreurs ne sont donc pas incités à passer à la transaction... Là encore, il n'y a aucun clivage entre les catégories socioprofessionnelles supérieures et les catégories socioprofessionnelles inférieures.
Le dernier thème du baromètre est un thème d'actualité : la "maisons verte". La médiatisation du changement climatique et du Développement Durable a-t-elle commencé à changer les mentalités ? À en croire le baromètre, oui, car une maison écologique qui respecte les normes de l'environnement et l'objectif de réduction de la consommation énergétique est une priorité pour 84% des personnes interrogées. Mais les "jeunes" sont aussi l'avenir de la maison écologique car la priorité est plus forte chez les moins de 50 ans : 87%, en moyenne, sont intéressés par la maison verte, contre 76% seulement dans la tranche des 50 ans et plus.
La maison verte est plébiscitée, mais le problème de l'avenir de la planète reste encore au niveau de la conscience en ce qui concerne les maisons écologiques puisqu'il existe un "frein du prix" empêchant l'acquisition d'une maison assurée de respecter l'environnement. Du côté de la maison écologique, véritable opportunité pour le marché de la maison individuelle, il existe donc une forte attente de baisse des prix qui permettrait à la conscience écologique de passer à l'acte... d'acquisition.