
Les Invasions Éphémères. Le nom était bien trouvé pour les stickers déco qui se sont collés à nos murs et à nos plafonds, dans toutes les pièces de nos maisons. Star des médias et des couvertures, nous nous sommes entichés de l’originalité et de l’audace de cet accessoire déco, mais sa surexposition a fini par nous lasser : le sticker est étiqueté « out ». Dans le sillage du sticker, mais dans son ombre, il y avait l’impression numérique. La place se libérant, elle se fait moins discrète et entre pleinement dans la lumière.
L’impression numérique vous offre toujours le graphisme, mais elle vous propose aussi la photo. Avec elle, vous pouvez vivre entre des mains fantomatiques, au cœur de la glace, sous un Yucca brevifolia... Les possibilités sont multiples ! L’impression numérique se choisit sur catalogue, mais elle pioche aussi dans la mémoire de votre appareil photo numérique et vos photos de vacances, pour une décoration toujours plus personnelle. Vous pouvez ainsi, pour une ambiance western, personnaliser votre pan de mur avec une image agrandie de l’arbre de Josué (ou Joshua Tree), pris en Californie pendant votre visite de la « Lost Horse Valley ». Avec cette nouvelle technique de revêtement mural, vous pouvez recouvrir un mur jusqu'à 5m de large.
Petit bémol tout de même pour cette déco "in" : l’impression numérique coûte plus cher que le sticker, autour de 100 € le m². Et puis le sticker a encore du charme pour la cuisine ou les chambres d’enfants, alors ne les décollez pas tous. Et surtout, faites selon votre envie !
La Toile de Jouy a une belle histoire, et a eu son heure de gloire. Sa destinée commence au XVIème siècle, où d’audacieux navigateurs portugais, anglais et hollandais rapportent sur le vieux continent des toiles de coton peintes qui deviennent la coqueluche de la société branchée. Avec la création de la Compagnie des Indes, ces indiennes ramenées aux ports restent en vogue. Puis c’est le creux, la prohibition. Vient ensuite le retour de la toile, qu’un Bavarois du nom d’Oberkampf se charge de remettre dans le vent. Il travaille dans un atelier et souhaite perfectionner les procédés d’impression. L’eau de la Bièvre a la réputation d’avoir des propriétés chimiques exceptionnelles, et l’attire. L’explorateur de la toile remonte alors son cours jusqu’à Jouy-en-Josas, et nous arrivons à la Toile de Jouy et à son succès. La Toile de Jouy représente des personnages, dans un décor ou un paysage, racontant des histoires, des légendes mythiques ou historiques, des opéras à la mode, etc.
Et puis il lui faut affronter un nouveau creux, jusqu’aux années 60, où la Toile de Jouy est à nouveau une star, pour mieux redevenir has-been. Enterrée dans les placards, parce que complètement dépassée, l’esprit vintage et l’inspiration qui fouille dans les archives la déterrent des cartons et de la mise au placard : elle renaît au XXIème siècle. La Toile de Jouy fait Mamie, alors on la relooke « cheveux bleus » et couleurs vives. Le support se fait vinyle. Les sujets se modernisent et la Toile de Jouy flirte avec la jouissance et les libertins. Enfin, la belle histoire se termine : cette année, la mamie est "out", c'est la retraite.
J’entends déjà les protestations : « Pourtant, au cours d’une récente opération de home staging avec Stéphane Plaza, des frises ont été repeintes, du tissu mural a été arraché, mais la Toile de Jouy est restée exposée sur les murs d’une chambre. » Alors voilà de quoi rassurer les amateurs de la Toile de Jouy : faite de manière artisanale, elle demeure intemporelle.
Le papier intissé est un papier auquel on a ajouté des fibres textiles. Il est par conséquent ultra-résistant, et il l’emporte sur le vinyle ! Pour le « ravalement de façade », il est parfait : il masque tous les petits défauts de votre mur et redonne un petit coup de jeune à votre intérieur sans grosse intervention, puisque vous n'avez besoin que d'un pot de colle et d'une brosse à coller. Le papier intissé est tendance, mais ne fait pas la star qui exige toutes les attentions : avec lui, c’est encollage direct et arrachage à sec !
La déco, en livres ou en magazines, en tête de gondole ou en kiosque à journaux, a désigné sa Nouvelle Star : la tête de lit. Les décorateurs des émissions télé l’ont aussi faite rentrer dans notre lucarne. La tête de lit, en un seul pan, rigide ou souple, ou divisée en deux, pour chaque place, encadre et fait ressortir la vedette de la chambre : le lit !
La complice de Stéphane Plaza la peint, simple trompe-l’œil, Valérie Damidot la capitonne, mais la tête de lit, en vraie Paris Hilton, ne manque pas d’habits. Bois brut, bois laqué, etc. : la tête de lit se décline dans toutes les matières, et chine même ses tissus. Mais la star « in » ne supporte pas toutes les couleurs. Les couleurs neutres, douces et apaisantes, comme les gris, les marrons, les verts d’eau et les bleus ciels sont les couleurs qui lui conviennent le mieux.
Citons la prêtresse de la marouflette, Valérie Damidot : « Un monde sans couleurs serait un monde sans vie ». Mais la maison en a assez du diktat « il faut peindre un des murs de votre intérieur en flashy ». Elle a brûlé le pinceau par les deux bouts et ne veut plus de mur rouge ou orange. Elle laisse tomber le vif et pare ses murs de sobriété et de tons pastels. Mais la maison n’est pas morte. Pour citer cette fois-ci Valérie Girard, spécialiste du Home Staging, « avec les accessoires, on peut se permettre le rouge ». Ces accessoires, qui nous permettent facilement et à moindre de coût de changer pour suivre la mode déco, apportent une touche de couleur vive et de la vie.
La déco fait une cure de couleurs, mais elles sortent des murs pour prendre la forme de diodes ou de spots colorés : la couleur s’associe à la lumière et prend le chemin de la médecine douce pour nous déstresser. Pour 1500 à 2 000 € environ, la chromothérapie s’invite dans notre baignoire et nous submerge d'influences positives, en rouge pour nous dynamiser, en bleu pour nous calmer, etc.
En mode, le Total Look est l’ami de l’ennui, quand il n’est pas complice de l’Homme Invisible pour nous faire passer inaperçu. Il faut de la fantaisie, de l’audace, du mélange. Le mot d’ordre en déco est le même : "Osons dépareiller !" La tête de lit n’a par exemple pas à se coordonner au dessus de lit. Mais alors qu’en mode le Total Look est évacué de nos penderie, en déco, il se cache dans les placards et les caves. Donc, exit le même style de mobilier, « out » le style « une seule et unique gamme d’un seul et unique fabricant ». Le Total Look est encore plus out quand le mobilier fait comme Thierry Ardisson en ne se parant que d’un seul ton. Aujourd’hui, pour une déco « in », on mixte tout, mais avec harmonie. Si on croise les styles (le Louis Ghost de Philippe Starck peut cohabiter avec les Louis XVI hérités de nos grands-parents), on ne donne pas à sa maison l’aspect colocation et pièces rapportées.
Le « in » se trouve dans les pierres, les bois et les fibres naturelles. La tendance est donc le retour vers le naturel, dont on retient la douceur et la chaleur des matières. Ce qui prime, c’est le confort. On s’oriente donc vers le velours, la laine vierge, le bois massif brut, etc. : la déco ne choisit pas à l’aveugle, mais elle choisit au toucher et élit à la sensation.
Dans les métros, la pub affiche « des poêles plein la tête », l’époque porte des inquiétudes climatiques et l’air du temps souffle en direction de la cheminée, de la cheminée bio éthanol. L’écolo aurait dû rimer avec « beau !, beau ! », mais ça n’était pas systématiquement le cas. C’est chose faite : la cheminée est désormais écologique et design : pour une allure contemporaine, l’inox s’associe au verre. Verte, même en laquée rouge, la cheminée bio éthanol ne produit pas plus d’odeur… que de fumée ! Adieu donc suie et poussière, ainsi que conduit de cheminée ! Et comme il n’y a pas de conduit, la perte de chaleur est faible ! Parmi les nombreux avantages de la cheminée bio éthanol, il y a son installation qui ne nécessite pas de travaux. Et puis cette cheminée un peu spéciale est flexible : l’intensité de la flamme est réglable et elle se déplace comme un meuble !