
L’ascenseur, terrifiant pour les claustrophobes, a aussi provoqué quelques frayeurs dans les salles obscures. Les plus traumatisés par De Lift, l’accident, les morts et le dépanneur qui ne détecte aucune anomalie pouvant entraver la bonne marche de l’appareil, n’habitent plus qu’au rez-de-chaussée ou ne se fient plus qu’à l’escalier. Mais laissons de côté le fantastique pour revenir à la réalité : la sécurité d’un ascenseur est acquise lorsque 9 points sont assurés.
- Dans le métro, un problème de fermeture des portes et c’est l’arrêt, et quelques minutes de patience demandées aux usagers. Redémarrer est trop dangereux, rouler les portes ouvertes serait véritablement rouler à tombeau ouvert. Pour l’ascenseur, c’est pareil : la fermeture des portes palières est un point-clé de la sécurité.
- 2ème point de la sécurité en ascenseur : l’accès sans danger des personnes à la cabine.
- 3ème point de la sécurité d’un ascenseur : la protection des utilisateurs contre les chocs que provoque la fermeture des portes.
- 4ème point essentiel : la prévention des risques de chute et d’écrasement de la cabine.
- 5ème point : la protection contre les dérèglements de la vitesse de la cabine.
- 6ème point : la mise à disposition des utilisateurs de moyens d’alerte et de communication avec un service d’intervention.
- 7ème point : la protection des circuits électriques de l’installation.
- La sécurité doit aussi concerner les techniciens de maintenance. Le 8ème point est donc l’accès sans danger des personnels d’intervention aux locaux des machines, aux équipements associés et aux espaces parcourus par la cabine.
- 9ème point : les personnes autres que le personnel technique doivent être dans l’impossibilité d’accéder aux locaux des machines et autres zones citées ci-dessus, réservés aux professionnels.
On l’a vu, la mise en conformité des ascenseurs a été découpée en 3 tranches. À l’origine, c’était une tranche tous les 5 ans : 3 juillet 2008, 3 juillet 2013 et 3 juillet 2018. Et puis le décret du 28 mars 2008 a reporté la date butoir de la première tranche des travaux de mise en conformité des ascenseurs, étant donné les difficultés des copropriétaires à financer ces travaux et le planning surchargé des ascensoristes. Plus de 3 juillet et plus de 2008 : la croix sur le calendrier est à déplacer au 31 décembre 2010, date de la nouvelle échéance.
Mais pour la deuxième et la troisième tranches des travaux de mise en conformité des ascenseurs, les dates étaient inchangées : il n’y avait pas de bouleversements dans les rendez-vous avec la sécurité ! Depuis, la loi Boutin a décalé la troisième tranche en 2021.
L’échéance de la 1ère phase de la mise aux normes de sécurité n’est plus le 3 juillet 2008, mais le 31 décembre 2010. Mais les travaux à effectuer pendant la 1ère tranche de mise en conformité des ascenseurs restent les mêmes :
- Pour assurer la fermeture des portes palières, et donc la sécurité de l’ascenseur, des serrures munies de dispositifs de contrôle de la fermeture et du verrouillage des portes palières doivent être installées.
- Des actes malveillants de dégradation volontaire de l’ascenseur peuvent être à l’origine de la non-fermeture des portes palières et de la mise en danger d’autrui. Les travaux de mise aux normes de l'ascenseur prévoient donc dans leur 1ère phase un dispositif empêchant ou limitant les actes de nature à porter atteinte au verrouillage de la porte palière.
- Pour protéger les utilisateurs de la cabine contre le choc des portes coulissantes lors de leur fermeture, un dispositif de détection de la présence des personnes doit être installé.
- La clôture de la gaine d’ascenseur vise à empêcher l’accès à cette gaine et aux éléments de déverrouillage des serrures de portes palières, donc à empêcher les accidents.
- Les travaux pour améliorer la sécurité sortent le parachute de cabine et le limiteur de vitesse en descente pour les ascenseurs électriques !
- Les travaux de la phase 1 comprennent aussi un dispositif destiné à éviter toute chute en gaine, en plein mécanismes de l'ascenseur, lorsque la cabine est immobilisée en dehors de la zone de déverrouillage.
- Les travaux visant à sécuriser l’ascenseur concernant aussi les personnels d’intervention, la commande de manœuvre d’inspection et d’arrêt de la cabine qui vise à protéger les professionnels qui opèrent sur le toit de la cabine, en gaine ou en cuvette (la cuvette est la partie basse de la gaine), est comprise dans la 1ère phase.
- Pour la sécurité, la 1ère tranche des travaux de mise en conformité retient aussi les dispositifs qui permettent aux personnels d’intervention d’accéder sans danger aux locaux de machines et de poulies.
- Et pour en finir avec les travaux à réaliser avant le 31 décembre 2010, échéance de la première phase de mise aux normes des ascenseurs, il y a la mise en place d'un système de verrouillage des portes et portillons destinés à la visite technique de la gaine et de la cuvette ainsi que des portes de secours, avec une commande automatique de l'arrêt de l'ascenseur lors de l'ouverture de ces portes et portillons par les personnels d'intervention. Comme cela, ils peuvent passer la tête par la porte ou le portillon, afin d'inspecter les entrailles de l'ascenseur, sans risque de se faire décapiter ! Le sens d’ouverture de la porte ou du portillon a aussi son importance : vers l’extérieur de la gaine.
Les dates des phases 2 et 3 de la mise en conformité sont maintenues. Petit récapitulatif des travaux :
Avant le 3 juillet 2013, un système de contrôle de l’arrêt et du maintien à niveau de la cabine de nature à assurer, à tous les étages desservis, un accès sans danger, ainsi que l’accessibilité des personnes handicapées ou à mobilité réduite, doit être mis en place dans les ascenseurs installés avant le 1er janvier 1983.
La phase 2 des travaux de mise en conformité des ascenseurs comprend aussi un système de téléalarme entre la cabine et un système d’intervention, ainsi qu’un éclairage de secours en cabine. Car s’il n’est déjà pas amusant de se retrouver coincé dans l’ascenseur, la mésaventure est encore plus pénible dans le noir.
La deuxième phase des travaux d’ascenseur comprend également, lorsque les portes palières comportent un vitrage, une résistance mécanique suffisante.
Les ascenseurs électriques ont eu leur parachute ? Les ascenseurs hydrauliques ne sont pas oubliés : l’installation d’un système de prévention des risques de chute libre, de dérive et d’excès de vitesse de la cabine est prévu.
Et pour protéger le personnel technique du risque de contact direct avec des composants ou conducteurs nus sous tension, la protection avec marquage ou signalisation dans les armoires de commande, les armoires électriques et les tableaux d’arrivée de courant, est prévue à la phase 2.
Quand "ascenseur" se trouve associé à "happement", c'est tout de suite visuel. La phase 2 des travaux stoppe le mauvais film en comportant un dispositif de protection des personnels d'intervention contre le happement par les organes de transmission : poulies, câbles ou courroies.
Et puis, toujours au niveau des poulies, il est prévu un éclairage fixe du local de machines ou de poulies assurant un éclairement suffisant des zones de travail et de circulation car l'ascensoriste n'est pas un spéléologue !
La mission « Travaux de mise aux normes de sécurité de l’ascenseur » s’autodétruira dans plusieurs années, en juillet 2021. D’ici-là, il faut installer un système de contrôle de l’arrêt et du maintien à niveau de la cabine pour assurer, à tous les niveaux desservis, un accès sans danger, ainsi que l’accessibilité des personnes handicapées ou à mobilité réduite, mais cette fois-ci pour les ascenseurs installés après le 31 décembre 1982 (ça colle avec la phase 2 !). Et dans les ascenseurs électriques à adhérence, on ne s’occupe plus de la vitesse excessive en descente, mais de la vitesse excessive en montée : la phase 3 oblige donc à installer un système de protection contre la vitesse excessive de la cabine en montée !
Les portes palières ne sont pas les portes du pénitencier : rassurons les claustrophobes et les autres, leur verrouillage n’est pas destiné à vous empêcher de sortir, mais à vous empêcher de tomber ! Selon la première phase de la mission « Travaux de mise aux normes de sécurité de l’ascenseur », votre ascenseur doit être équipé de serrures munies de dispositifs de contrôle de la fermeture et du verrouillage des portes palières : comme les zones de travail, ça mérite un petit éclaircissement. Ces serrures sont des systèmes bloquant les portes palières lorsque la cabine n’est pas bien positionnée dans la gaine de l’ascenseur, c'est-à-dire qu'elle n'est pas au niveau de l'étage. Comme ça, on ne risque pas la chute en gaine en sortant de l’ascenseur, on ne risque pas de sombrer dans le trou béant sous la cabine d’ascenseur. Sachez que ces dispositifs sont absents de votre ascenseur s’il est à portes battantes.
Votre ascenseur est équipé d’un système de blocage de la porte ? Vous devrez quand même mettre la main à la poche pour en changer si les contacts électriques ne sont pas protégés contre les projections de liquides (c’est ça la protection des circuits électriques !) ou si la serrure n’est pas munie d’un système de déverrouillage de secours commandée à chaque palier.
Ensuite, les portes palières, nous l’avons vu, doivent être équipées de dispositifs de protection empêchant ou limitant les atteintes au verrouillage. Et, mesure qui n’intéresse pas que les sourds et malentendants, et les déficients visuels, un avertisseur lumineux et sonore à chaque palier doit se déclencher si la cabine n’est pas arrêtée dans la zone de déverrouillage de la porte palière. Enfin, toujours au niveau de la porte palière, et toujours concernant la protection des personnes, la première phase de la mission des ascensoristes comporte la mise en place d’un système interdisant, en l’absence de cabine à l’étage, l’ouverture manuelle.
La mission comprend la détection des personnes. Le système de détection de présence des personnes n’est pas un micro mouchard. La réussite de la protection contre les chocs des portes palières coulissantes lors de leur fermeture dépend de la cellule optique. Mais pour protéger les usagers de l’ascenseur, d’autres dispositifs efficaces sont à votre disposition : le radar, la cabine sensible, etc.
Commençons par une bonne nouvelle : ce n’est pas parce qu’il y a rupture de câble que la cabine va chuter et s’écraser ! Pour éviter toute chute accidentelle de la cabine, le Superman de l’ascenseur est là : le parachute de cabine, et son fidèle compagnon, le limiteur de vitesse en descente !
La mission « Travaux de mise aux normes de sécurité de l’ascenseur » ne se préoccupe pas seulement de la sécurité des usagers, mais aussi de celle des personnels d’intervention chargés de l’entretien.
Pour que leur sécurité soit assurée, il faut donc obligatoirement installer une échelle d'accès stable et d'emploi sûr. Pour accéder aux locaux de machines et de poulies, c’est bien moins dangereux que l’empilement d'un tabouret et de quelques annuaires. Pour leur protection, une porte et une trappe d’accès munies d’un dispositif de verrouillage et d’une pancarte de signalisation doivent aussi être mises en place.
Quant à la gaine d’ascenseur, pour récapituler, elle doit être éclairée et munie d’un système antichute, lequel intervient lorsque la cabine est immobilisée en dehors de la zone des portes palières. La gaine doit également être clôturée pour empêcher l’accès des personnes non autorisées. Pour saluer le passage de l’ascenseur, la tape amicale de la paroi de la cabine entre deux niveaux n’est donc plus possible.
Quelles que soient les normes de sécurité des ascenseurs, la sécurité de votre installation dépend de son entretien régulier. En effet, le but des obligations d’entretien de l’ascenseur est d’assurer un bon fonctionnement et de maintenir le niveau de sécurité obtenu par la mise en œuvre des dispositifs de sécurité obligatoires !